La légende de St-Georges terrassant le dragon est réinterprétée par quatre artistes, qui ont recréé les mondes que gardait jalousement le dragon. Il ne reste que 3 sphères monumentales sur les 4, réalisées dans des matériaux hétéroclites et étonnants : lauzes, bâtons de pluie, dalles de verre, et la disparue en bandes de tissu multicolores.
Une parenthèse artistique en pleine nature
Envie d’une balade qui sort de l’ordinaire, entre nature et création contemporaine ? Direction Saint-Étienne-Lardeyrol, pour une expérience surprenante au cœur des paysages de Haute-Loire : les 4 sphères artistiques, nichées à proximité de la mystérieuse Pierre Saint-Georges.
Entre art et nature
Au détour d’un sentier, ces quatre sphères intrigantes apparaissent, comme posées là, en parfaite harmonie avec leur environnement. À la fois modernes et poétiques, elles invitent à la contemplation, à la curiosité… et à l’imaginaire. Chaque sphère semble raconter sa propre histoire. Le contraste entre leur design artistique et la beauté brute de la nature environnante crée une atmosphère unique, presque hors du temps.
Un lieu propice à la déconnexion
Ici, pas de foule ni d’agitation. Juste le calme, le vent dans les arbres et cette sensation agréable de découvrir un lieu encore préservé. Que vous soyez amateur d’art, passionné de photographie ou simplement en quête d’une balade originale, le site a de quoi séduire. C’est aussi un spot idéal pour une pause contemplative, seul, en couple ou en famille.
À deux pas de la Pierre Saint-Georges
Profitez de votre venue pour découvrir également la Pierre Saint-Georges, un site chargé d’histoire et de légendes locales. Ce rocher emblématique ajoute une dimension mystique à la balade, renforçant le charme du lieu.

La légende de la pierre Saint-Georges
En ce temps-là, vivait ici un dragon : perché sur la Huche Pointue, recouvert d’écailles noires qui brillaient de mille feux au grand soleil comme à la clarté de la lune. Il régnait en maître absolu sur le pays. C’était une bête terrifiante, un monstre extraordinaire.
Gigantesque, d’un seul coup de l’une de ses énormes pattes aux griffes acérées, il pouvait éventrer une maison, aplanir une montagne ou creuser un cratère. Ses ailes déployées jetaient sur toute la campagne une ombre sinistre et glaciale. Au fond de ses yeux rouges luisaient, terrifiantes, les lueurs de l’enfer. Vous croisiez son regard de braise et vous étiez pétrifié, transformé en orgue basaltique. Quand il approchait, son souffle chaud et fétide le précédait d’une heure. Personne n’étant assez courageux pour l’affronter, les habitants s’étaient accommodés de sa présence.
Mais le dragon s’empara de la terre, de la substance même de la terre, de ce qui lui permet de répondre aux besoins des hommes et des bêtes, de ce qui lui permet de nous porter, de nous nourrir, de faire grandir nos enfants, de tout ce qui fait que l’on a envie de rester, de construire et de vivre : en se perchant sur la Huche, le dragon avait privé la terre vivante de ses minerais. Il avait tout calciné autour de lui ; il ne restait qu’une croûte noire et stérile. Ses grandes ailes, qui cachaient la lumière, détournèrent les vents ; l’air frais disparut, remplacé par l’odeur nauséabonde de la créature, par les miasmes putrides de son souffle et de ses déjections.
Plus rien ne poussait ; ni le grain qui nourrit, ni les plantes fibreuses qui permettent aux hommes de tresser les cordes et aux femmes de tisser le lin. Ceux qui vivaient encore là durent aller chercher en d’autres contrées des vivres ainsi que la plupart des objets usuels. Beaucoup d’hommes partirent travailler au loin pour subvenir aux besoins de leurs familles restées au pays. La vie était triste et dure ; la famine creusait les ventres des enfants et éteignait leur regard.
Les habitants, désespérés, se réunirent pour combattre le dragon. Comme ils étaient que de simples gens, ils demandèrent de l’aide aux hommes puissants. D’abord le seigneur de la Huche, et le Comte de Fougères, puis le Prince des Sucs, et même le Duc de la Loire. Hélas ! L’un après l’autre, ils renoncèrent, dépités, meurtris d’être aussi faibles, peinés de devoir laisser ces pauvres gens sous la coupe de l’affreux animal.
Et puis il y eut ce garçon…
Il était né là et n’avait rien connu d’autre. Depuis toujours le dragon ! Depuis toujours les terres infertiles ! Il ne savait pas ce qu’étaient la caresse du vent sur le visage, ni son chant dans les blés et les forêts. Il ne connaissait pas les couleurs que le soleil et la lumière font danser dans les champs. Il n’avait pas appris à tresser la corde ou à tisser le fil. Mais il imaginait…
Avec les boîtes de métal dans lesquelles on apportait la nourriture de très loin, il s’était fabriqué une sorte de vêtement, moitié armure, moitié carapace de dragon, qui lui servait dans ses jeux. Il imitait les combats dont les récits animaient les veillées et peuplaient ses rêves.
Un jour, ses jeux l’amenèrent face au monstre : il n’eut pas peur.
Ce dragon, il le connaissait depuis toujours, il faisait partie de son monde. Que se passa-t-il entre eux ? Personne ne le vit, jamais personne ne put le dire. On sentit seulement l’incroyable énergie qui se dégagea de leur affrontement et, quand tout fut terminé, jaillit une immense clarté. Puis l’athmosphère redevint sereine : le dragon avait disparu. La nature reprit ses droits, les animaux revinrent, les hommes purent vivre à nouveau en paix en ces lieux.
Quant à Georges, puis que tel était son nom, il se retira du monde des hommes.
De son combat, il ne reste que quelques traces dans la pierre.
Ecrit par : Annette DROST – 18 juin 2006